Un village... une histoire

* L'abbaye de Barbeau* L'église St Martin * L'école * La Seine * La voie ferrée


L'ABBAYE DE BARBEAU

Le Roi Louis VII (1119-1180)

Louis VII, fils de Louis VI, naît à Paris en 1119 et monte sur le trône en 1137. En cette même année, il signe un premier acte officiel transformant le donjon de chasse de Fontainebleau en "Château".

Après ses guerres contre Thibaut de Champagne, pris de remords, il fonde en 1147 une abbaye des moines de Citeaux à Sainte Assise près de Seine Port. Mais les bâtiments trop humides ne conviennent pas, et Louis VII la transfère à Barbeau en 1156.

Ces moines étaient des agriculteurs et des viticulteurs, et quatre ans plus tard, Louis VII leur concède des vignes à l'emplacement connu aujourd'hui sous le nom de Clos des Moines. A la naissance de son fils Philippe-Auguste en 1165, Louis VII comble de biens cette abbaye.

Barbeau

Le nom de Barbeau vient d'une légende précisant que Saint Loup, Archevêque de Sens et patron de Samois, quittant la ville aurait jeté dans l'Yonne (ou à Melun dans la Seine) un très bel anneau surmonté d'un béryl. Cet anneau aurait été retrouvé par un pêcheur dans le ventre d'un barbeau (poisson), juste à l'endroit où s'édifia l'abbaye. Celle-ci porte dans ses armes l'image du poisson.

D'autres légendes circulent sur l'abbaye, notamment sur des souterrains, qui partiraient de Barbeau pour rejoindre Fontaine-le-Port, ou même Melun. Mais les quelques tunnels que l'on a trouvé ne suffisent pas à le prouver. Et une femme désirant un enfant devait se rendre, dit-on, à l'église du couvent et tirer la corde de la cloche avec les dents. D'après L.Millin (1791), elle devait le faire en présence du plus jeune des moines, ce qui était infaillible !!!

L'abbaye

L'abbaye fut consacrée en 1178 par Guy de Noyers, Archevêque de Sens et Maurice de Sully, Evêque de Paris.

L'abbaye de Barbeau était un joyau du Moyen Age, très richement décorée, mais ne fut jamais un centre culturel important; la modestie de la bibliothèque contrastait avec l'importance de l'abbaye.

Les moines, nous l'avons dit, cultivaient et prospéraient par le commerce du vin et les taxes qu'ils percevaient des paysans et habitants des villages voisins (droits de chasse, droits de pêche, droits de navigation), ainsi que par l'exploitation d'un bac allant d'une rive à l'autre de la Seine. (Ce bac a d'ailleurs survécu à la destruction de l'abbaye jusqu'à la construction du pont de Fontaine-le-Port en 1862.)

De nombreux seigneurs firent également des dons importants à l'abbaye avant de partir en Palestine du temps des croisades.

Le Roi Louis VII fut inhumé à Barbeau le 19 septembre 1180; sa femme Alix de Champagne fit élever un splendide monument dans le choeur de l'abbatiale. Son tombeau était en pierre revêtues de marbre et supportait le gisant du Roi enveloppé dans un manteau qui tombait jusqu'aux pieds, portant une couronne ouverte et tenant dans sa main un sceptre surmonté d'une pomme de pin. Dans le linceul, elle mit une croix et des anneaux en or (qui furent pris par Charles IX lorsqu'il lui prit la fantaisie d'ouvrir le cercueil en 1566.)

Après cette date, de nombreux nobles et seigneurs furent inhumés à Barbeau (moyennant finances) et l'abbaye fut prospère jusqu'à la guerre de cent ans (qui commence vers 1360). Le Roi d'Angleterre, Henri V, vint s'installer au couvent de Barbeau vers 1420; ses soldats pillèrent et incendièrent l'abbaye, obligeant les moines à fuir vers Melun durant quarante années, revenant à Barbeau vers 1460.

L'abbaye resplendit alors à nouveau, étant restaurée, embellie, et même agrandie.

Mais à peine les travaux terminés, éclatent les guerres de religion. En 1520, Luther commence à publier ses livres et dès 1525, ses idées pénètrent en France. La guerre éclate en 1562, avec pour conséquence directe pillages et destructions massives. La région n'y échappe pas et l'abbaye de Barbeau est à nouveau fortement touchée. Ce n'est que sous le règne de Henri IV, sur le trône depuis 1589, que la paix revient avec en 1598 la publication de l'édit de Nantes qui réconcilie Catholiques et Protestants.

L'abbaye se relève progressivement tout au long du XVII ème siècle; le Cardinal Pierre Egon de Furstemberg, alors abbé commendataire de Barbeau, entreprend la rénovation des bâtiments conventuels et de l'église abbatiale.

L'abbaye redevient alors puissante; un acte de 1750 nous permet de savoir que son revenu annuel était alors de 20 000 livres, dont environ 4 000 devaient être reversées à la cour de Rome.

Déclin de l'abbaye

En 1789 éclate la révolution et sans attendre la constitution civile du clergé, les quelques moines qui restaient à Barbeau quittèrent l'abbaye. Le pillage commence alors, et en 1793, l'ancien curé Métier qui saccageait toute la région à la tête d'une troupe de sans-culottes, incendia et détruisit l'abbaye au cours de l'été. Ils emportèrent une crèche de Bethléem, un Saint Pierre ainsi que la tête du gisant de Louis VII. Les meubles et matériels furent vendus en 1794. Voyant cet état des choses, l'abbé Lejeune, curé de Chartrettes à l'époque prit sur lui de déboulonner le tombeau de Louis VII et le transporta en secret à Chartrettes où il fut caché jusqu'en 1813, date à laquelle il put réintégrer l'abbaye restaurée sous Napoléon.

En effet, en 1810, l'État rachète l'abbaye (qui avait entre temps été vendue à une comédienne, croit-on), et confie la direction de ce qui devait devenir une école et maison pour les orphelines de la légion d'honneur, à Madame de Lézeau, supérieure générale de la légion. Barbeau prend alors le nom de Maison Impériale de Barbeau.

L'empire s'écroule, et en 1817, Barbeau est à nouveau abandonné. Le 30 juin Louis XVIII fait transporter les cendres de Louis VII à Saint Denis, au cours d'une grandiose cérémonie dans l'église de Fontaine-le-Port à laquelle assiste, entre autres, l'abbé Lejeune. En 1826, Barbeau est mis en vente mais sans résultat; trois ans plus tard, un pensionnat pour jeunes filles est crée par Mademoiselle Marin mais l'entreprise échoue. Finalement, le 4 décembre 1837 l'administration des domaines vend pour la somme de 60 000 francs la propriété à un négociant qui, insensible au poids de l'histoire et à l'architecture du lieu fait raser la totalité des restes des bâtiments et construit un château et une ferme attenante.

* début de la page *


L'EGLISE

l'église St Martin 

Construite à la même époque que l'abbaye de Barbeau, l'église de Fontaine-le-Port porte le nom du prieuré dont elle dépendait: Saint Martin.

Le clocher.

Haut de 25 mètres, le clocher domine le vieux village. On y accède par un vieil escalier en pierres et une échelle métallique. Au premier étage, on remarque 9 corbeaux de pierre qui supportent le beffroi. Le clocher abrite 2 cloches, une du XVII ème siècle construite par François Moreau et une plus récente offerte par l'Abbé Henri Masson en 1993.
Le bâtiment, y compris le beffroi, est la seule partie du XII ème siècle. En effet, l'église a été entièrement reconstruite au début du XVI ème siècle.

L'église.

C'est lors de cette reconstruction que l'on converti la petite salle sous le clocher en chapelle que l'on couvrit d'une voûte dont les ogives furent en partie brisées sous la révolution (Métier, voir ci-dessus - l'abbaye de Barbeau).
Plusieurs tombeaux sont présents dans l'église ou tout au moins leurs pierres tombales.(Lors de la rénovation du bâtiment en 1962, on ne trouva rien sous celles-ci.)
En entrant dans l'église, l'on trouve sur la droite Saint Martin, patron du village, et sur la gauche Saint Vincent, patron des vignerons. (N'oublions pas que Fontaine était un pays de vignes.)
Au fond se trouve l'autel entouré de boiseries représentant le Christ et les apôtres. Ces boiseries pourraient provenir de l'abbaye de Barbeau.
Le vitrail, moderne, représente Saint Martin donnant son manteau.
Les bancs de l'église sont anciens et l'on peut remarquer que deux d'entre eux ont été offerts par Monsieur Martin Voyer en 1732. (Monsieur Voyer était le propriétaire de la ferme qui se trouvait sur l'actuelle place pasteur.)

Le cimetière.

Le cimetière se trouvait autour de l'église avant d'être transféré à son emplacement actuel en 1855.

* début de la page *


L'ECOLE

L'école en 1894. Instituteur: M. Thienloup

Les débuts de l'instruction.
Un des piliers de la commune, du point de vue éducatif, social et intellectuel, est naturellement l'école. A Fontaine-le-Port, on parle pour la première fois d'école en 1742. Bien sûr, il ne s'agit pas encore d'une véritable école au sens où nous l'entendons aujourd'hui, mais d'une institution embryonnaire.

Les maîtres (qui n'avaient eux-mêmes qu'une instruction rudimentaire) pratiquent l'instruction individuelle, et les conditions de travail sont mauvaises (pas de matériel, pas de locaux). En outre, l'école n'est pas obligatoire et les parents préfèrent souvent garder chez eux les enfants qui sont une aide précieuse pour les travaux des champs.

Les différentes écoles à Fontaine-le-Port.
La première véritable école voit le jour en 1822 dans une maison du village (8, rue de la Vieille Montagne). La commune fait alors de gros efforts en faveur de l'enseignement en votant chaque année une indemnité de logement à l'instituteur (l'instruction étant faite chez lui). C'est pourquoi entre 1828 et 1834, l'école a lieu dans trois endroits différents.

L'instituteur était logé, mais n'était payé ni par l'état, ni par la commune. Il exerce, donc, une autre profession. Il est également tenu de remplir certaines fonctions à l'église; à Fontaine le Port, il fait office de chantre. La loi de 1833 modifie la situation de l'enseignant en lui attribuant un traitement fixe de 200 francs mensuel auquel s'ajoute une rétribution scolaire. Ce traitement passa à 600 francs en 1850.

L'importance de l'école est reconnue, et en 1835, M Roux, Maire de Fontaine-le-Port, reçoit l'autorisation du roi Louis Philippe d'acquérir une maison d'école dans laquelle l'instituteur est logé. (L'indemnité de logement est donc supprimée.)

Un comité local composé du Maire, du curé et d'un notable est constitué; il a pour but de donner son avis sur les personnes postulants sur Fontaine-le-Port, qui sont ensuite retenues ou rejetées par le Conseil Municipal. Mais les candidatures ne sont pas assez nombreuses et c'est ainsi que du 17 septembre 1838 au 22 février 1839, le village n'eut pas d'instituteur.

En 1848, le Conseil d'État autorise la commune à acheter pour 4000 francs le local actuel. Cette maison était un "débit de vin" et de gros travaux furent nécessaires pour aménager l'école au rez de chaussée, avec un logement de fonction pour l'instituteur, et la mairie, au premier étage.

En 1944, un afflux de population fuyant Paris bombardé oblige la mairie à ouvrir une deuxième salle de classe, dans un bâtiment appartenant à la commune depuis 1923. M Emile Millet (Maire) et le Conseil Municipal décident de créer un véritable groupe scolaire en 1953. Pour se faire, il faut racheter différentes propriétés et les démolir. La nouvelle école ouvre ses portes en 1957.

La réglementation nationale
A partir de 1835, un certain nombre d'articles tendent à réglementer l'école. Ils portent sur les matières obligatoires (éducation morale et religieuse), sur la répartition des cours et du rythme scolaire, et sur les droits et devoirs de l'instituteur. Ainsi ce dernier se voit maintenant dans l'obligation de rendre des comptes sur l'instruction qu'il donne.

En ce qui concerne les élèves, il doit faire état de leurs résultats et s'intéresser aux raisons de leurs absences. Il doit également les encourager par des billets de satisfaction et bien sûr, en fin d'année, par la remise des prix. Enfin, il a l'interdiction de frapper les élèves et doit se limiter à certaines punitions.

A Fontaine le Port.
Malgré la loi de 1850 introduisant (facultativement) l'enseignement de nouvelles matières, Fontaine le Port s'en tint à la loi de 1833; l'histoire et la géographie ne seront enseignés que vers 1870. Le Conseil Municipal, sans attendre les modifications apportées sur le plan national, encourage ses instituteurs et améliore le statut de l'école :

En 1844, la commune se substitue à l'état lorsque celui-ci supprime le supplément facultatif de traitement.
En 1860, le chauffage de l'école est mis à la charge de la commune.
En 1867, le Conseil crée une bibliothèque scolaire et instaure la gratuité de l'école.
En 1883, il décide que les fournitures scolaires seront données à tous sans distinction.

 *début de la page*


LA SEINE

La Seine a de tout temps joué un rôle fondamental dans la vie de Fontaine-le-Port (comme pour tout village situé en bordure de rivière), étant utilisée comme moyen de transport, et pour la pêche.
Les archives prouvent que dés le XII ème siècle, les moines de l'Abbaye de Barbeau percevaient des droits de passage pour toute embarcation passant devant leurs terres; ils utilisaient également la Seine pour transporter jusqu'à Paris le vin qu'ils faisaient.
Dès la fin du XIXème siècle, le fleuve se trouve une autre fonctionnalité : les loisirs.
En effet, avec la construction de la ligne de chemin de fer Paris-Montereau, qui sera opérationnelle en 1897 et qui passe par Fontaine-le-Port, les vacanciers affluent, trouvant en ce lieu la tranquillité recherchée et une atmosphère de vacances.

Traverser la Seine : du gué au pont

Fontaine-le-Port doit son nom à la présence de sources et d'un gué à cet endroit de la rivière. De ce fait c'était un endroit de passage fréquenté, soit par les habitants se rendant en forêt pour chasser ou ramasser du bois, soit par les cours royales qui, dès le XII ème siècle se rendaient de Fontainebleau au Chatelet-en-Brie, Chartrettes, ou les bois de Massoury.
En 1862, sous l'impulsion du Maire de l'époque, Monsieur de Valmer, un pont à péage fut construit et inauguré en août de cette année. Le péage se trouvait rive droite, et était institué au profit du constructeur concessionnaire.
Mais, en 1870, pour la défense du territoire, ce pont, devenu passage stratégique, fut détruit. En 1872, il fut remplacé par un pont à six arches de pierre.
En juillet 1881, le péage fut supprimé par décision du Conseil Général d'août 1880, la maison de péage étant détruite en 1940.
Ce pont tint bon jusque dans les années 30, et le 9 mai 1938, le Conseil Général décida de le reconstruire en l'élargissant. Les travaux commencèrent en 1939, mais le projet tourna court avec la guerre, et en juin 1940, pour des raisons stratégiques, l'armée française fit sauter une des travées du pont après le passage de ses chars.
Le pont fut ensuite reconstruit en béton armé et rouvert en août 1941. Mais trois ans plus tard, le 20 août 1944, le pont était anéanti par l'armée Allemande. Le pont actuel fut construit après guerre et rénové en 1988.

La Seine a toujours été un moyen de communication entre la Capitale et les régions qu'elle traverse. Utilisée depuis fort longtemps pour le transport de matières premières. Les bateaux à voile, puis tirés par des hommes ou des animaux (ânes, boeufs, chevaux) sur les chemins de halage, furent remplacés dés le XIX ème siècle par l'apparition du moteur à vapeur.
Des trains de 6 à 7 péniches, tirés soit par un toueur, (gros bateau qui se servait d'une chaîne placée au fond du fleuve pour se déplacer en tirant sur celle-ci à l'aide d'un treuil), soit par des remorqueurs.
Au début du XX ème siècle, l'apparition du moteur diesel développe le transport fluvial tel que nous le connaissons aujourd'hui.

la Seine : le touage

Les loisirs

La Seine a bien entendu été utilisée pour les loisirs : La pêche, la navigation de plaisance, la baignade et les promenades le long de ses rives. Dès le début du siècle, les cartes postales de l'époque le confirment, les bords de Seine de Fontaine étaient prisés par les "touristes" venant entre autre de Paris.

la Seine : les loisirs

En 1925, Monsieur Chevalier, professeur de gymnastique et de natation (il se trouve parmi les sportifs de la photo en tête de notre page 'activités sportives') avait crée sur la rive droite, après le cimetière, un "stade" nommé Les Iris. Ouvert de 1925 à 1935, il offrait aux habitants et aux touristes la possibilité de pratiquer les agrès ainsi que la natation dans deux bains, un petit et un grand. Des cabines pour se changer avaient même été installées et l'on pouvait se rafraîchir et se restaurer à proximité.

Le niveau de la Seine n'est pas le même aujourd'hui qu'il ne l'était; en effet à la fin des années 50, un projet de remonter le niveau général du fleuve fut élaboré et la Seine monta d'environ 60 centimètres au début des années 60. Cet aménagement a permis, en régulant le fleuve, d'éviter des inondations comme celles de 1740, 1801, 1802, 1910 ou 1955.

 la Seine : inondations de 1955

 * début de la page *


LE TRAIN 

Dès 1886, l'on parle de la construction d'une ligne de chemin de fer.
Divers projets furent élaborés pour rejoindre Montereau. Et le trajet retenu fut celui que nous connaissons aujourd'hui : la ligne passe en bord de Seine et donc par Fontaine-le-Port.

Les tractations avec les habitants et la commune, qu'il fallait indemniser pour les expropriations, furent laborieuses.

En 1893, la compagnie des chemins de fer propose 1 565 francs de dédommagement, et la commune refuse; en effet, le passage de la ligne impliquait la destruction du poste de police récemment construit, la diminution du port et la disparition de la place publique.

En 1895, on construisait l'avant-dernier pont et à la fin de 1896, on construisit une maison de garde-barrière. La nouvelle ligne entra en activité en 1897.

On profita de la voie de chemin de fer pour ouvrir un bureau télégraphique le 28 juillet 1901.

* début de la page